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16/07/2012

Retour de la "Semana Negra" des Asturies

Nous rentrons du formidable festival du polar "La Semana Negra" à Gijon (ASTURIES), où nous étions invités pour notre travail de mémoire sur les républicains espagnols... Malgré la grande qualité de ce travail, nous avons cependant refusé "classe exceptionnelle" et "prime d'excellence" universitaires, et nous le regrettons aujourd'hui: nous aurions pu la verser à la caisse de solidarité des mineurs.
Sur le site d'anciens chantiers navals, à la Semana Negra, (frappée à la caisse par une droite qui rêve de s'en débarrasser), se mêlent des débats littéraires, culturels, sociétaux, où l'on n'enc.(follar) pas les mouches, des forums, des expos, des stands de bouffe, des centaines de librairies, de maisons d'édition marginales, alternatives, des manèges, des spectacles, des camelots, des anars, des rouges, des tombolas, des prolétaires, de l'artisanat, du serrano, des premiers romans, des amours finissantes... tout cela mélangé, et de grands auteurs sans cravate, sulfureux (1200 en vingt ans)... La culture et le peuple, la culture qui descend dans la rue, qui se tartine, se "prostitue", se cogne, se partage, selajoue. La rue. Le pilier de la Semana s'appelle précisément Angel de la Calle (rue)... Il y a même les ennemis de classe "Coca Cola", subvertis, une manif de soutien aux mineurs, on y donne des livres, oui: donne!!... Un concept évolutionnaire , révolutionnaire, et des milliers de personnes, le peuple kamarades, et des bocadillos à l'utopie, des churros émancipateurs, et des bouquins suspects. Sur la place Vasquez Montalban, s'entraînent les milices populaires... Le commandant en chef de ce barnum: le romancier mexicain Paco Ignacio Taibo 2, plus fou que les fous les plus géniaux, du talent et de l'énergie qui débordent..., qui rêve de prix Nobel (traduction espagnole: "Nobonito"). Et le "bonito": quel Poisson!! Le Mexicain monumental Carlos Fuentes l'attendit longtemps... le Nobel... trop engagé Carlos... Alors Taibo...
Nous avons rencontré quelques familles de mineurs asturiens venues voir l'expo photo de leur lutte, et beaucoup échangé, dégusté du poulpe, du manchego... les familles de "gueules noires" ( noir: tenue exigée), ont tout compris sur F.Hollande... Aucun soutien du syndicalisme européen à leur combat de "héros" et peu du syndicalisme français. Ils se battent dans des conditions quasi insurrectionnelles. Ils nous rappellent le soulèvement de 1934, l'une des familles est communiste, l'autre n'y croit plus... Nous avons chanté à l'excès "Santa Barbara"... Le chef de la délégation béarnaise s'est essayé à quelques provocations fort peu consensuelles du type "Nationalisez Coca Cola!", soutenu par quelques libertaires de la tendance "Pepsi Cola"... Le Service d'Ordre de "charros" taibesques intervint rapidement pour mettre au pas les agitateurs.
Dans les villes traversées, les rues, les journaux, le PSOE est partout aux abonnés absents et se veut "constructif", alors que l'on saigne l'Espagne. Il propose des "pactes" à la droite. Oui oui des "pactes"! HP! La droite fachote dit: les "recortes", c'est à cause du bilan qu'ils nous ont laissé les socialistes, et ça marche. La majorité des Espagnols à la tête sous le vin...
Le gouvernement s'attend à de violentes protestations spontanées, du M15, des fonctionnaires laminés, mais pas à des mouvements syndicaux de grande ampleur. Il prépare un dispositif policier spécial pour "dissuader" , en quadrillant le pays, et adapté à la guérilla urbaine... ça sent bon les restes du "caudillo", les "grises" (forces spéciales), le "cara al sol" .
Selon le romancier-commissaire politique Manuel Fajardo et la tonique Cristina Macias, le nouveau gouvernement mexicain du PRI (Peter PRI a tué Peter PAN) , envisage de nommer P. I. Taibo 2 ambassadeur à Madrid.
A la "Semana Negra", aux Asturies, aux Asturues, aux Astilleros, on vit "le soleil noir de l'utopie concète", de la réalité de demain. Si nous relevons la tête et le poing.
"Si nos encojonamos" ("palabra" d'un ancien guérillero argentin de l'ERP  devenu romancier après dix ans de prison). Comme quoi la prison...

Jean Ortiz

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