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11/05/2012

Soutien aux candidats du Front de Gauche contre François Bayrou


Permettez, en tant qu'intellectuel, comme aimait à dire Jean-Paul Sartre, que je me mêle "de ce qui ne me regarde pas"... Petite provocation pour inciter les intellectuels à se mouiller... Je connais Daniel Labouret et Anne-Marie; ils sont de ces militants altruistes, qui se donnent sans compter, sans ambition personnelle, sans carriérisme... Je les soutiens. Mais je soutiens aussi la démarche novatrice du FRONT DE GAUCHE. La question, dit le Front, est certes de changer le berger, mais surtout de ne plus être troupeau. Le Front de gauche a tiré aux Présidentielles des salves d'avenir; il a rallumé les rêves populaires, réveillé l'espoir et l'utopie, concrète ; l'utopie, "cette vérité prématurée" (Lamartine).
L'utopie , si nous le voulons, peut devenir la société de demain... Donnons aux candidats du Front de Gauche le plus de poids possible. Ouvrons ensemble de nouveaux horizons solidaires... Plus je travaille sur la Résistance, sur les Guérilleros espagnols, sur les changements en Amérique latine, plus je suis convaincu que les morts n'ont pas la mémoire courte, que les combats d'hier vivent dans les luttes émancipatrices d'aujourd'hui. Elles les prolongent. Demain est déjà aujourd'hui.

Jean Ortiz
Universitaire

Le centre et la feuille de vigne

 

Le centre et la feuille de vigne

 

 

 

Le Béarn a produit deux hommes politiques connus: Henri IV et François Bayrou, l'un étant même biographe de l'autre, tous deux grands "pacificateurs", l'un du Royaume de France au 16e siècle et l'autre de la vie politique française aux 20e et 21e siècles (22e?). On prête au "bon roi Henri" ces mots, lorsqu'il se convertit au catholicisme en la Basilique Saint-Denis: "Paris vaut bien une messe", et à François Bayrou ces termes: "mon siège vaut bien un fromage". Mais ce ne sont que supputations...

 

Le "bon François" de Bordères en Béarn, passe sa vie politique à chercher le centre comme d'autres le "point G", l'un étant plus jouissif que l'autre.

 

Après une légère tentative de dérapage à "gauche" lors du deuxième tour des Présidentielles -on ne sait jamais... au cas où... le centriphyle vient de ce recentrer à droite, au "Centre pour la France". Après avoir tenté une esquisse d'opération "troisième force", rendue difficile par le poids du Front de gauche, Saint François de Bordères vient de retomber au "centre", ce lieu de nulle part à gauche, donc à droite, mais à égale distance entre "les extrêmes"... Refrain bien connu: communisme=fascisme. Parallèle insoutenable et qui disqualifie ceux qui l'utilisent.

 

L'histoire a démontré que "le centre" est le centre de gravité d'alliances contre-nature et de magouilles en tous genres (IIIe et IVe Républiques). Le centre est à la droite ce que la feuille de vigne est au sexe. Le centre, c'est le néant politique, et chacun sait, depuis Léonard de Vinci, que "le néant n'a pas de centre, et ses limites sont le néant".

 

 

 

Jean Ortiz

 

Libérez la corrida!

Libérez la corrida. Lettre ouverte.
Cher monsieur Demorand (Libération),
Qu'un journal qui se veut impertinent, hors des moules et de la mondialisation, sombre dans le conformisme écolo-bobo, laisse perplexe tous ceux qui connaissent l'histoire de Libération. En supprimant la page taurine, vous venez d'amputer votre journal d'une dimension ancestrale de la culture populaire; un coup d'autant plus facile qu'il va dans le sens du poil de la bête idéologique dominante: la bien-pensance, le sentimentalisme de 4'sous, l'uniformisation rampante et totalitaire des goûts, des cultures...
Les fondateurs de Libération avaient l'ambition de libérer les cerveaux, de combattre le clonage culturel, politique... Supprimer une page taurine, écrite par la meilleure plume de la planète taurine, Jacques Durand, relève d'une capitulation devant le "politiquement correct", les lobbies "animalistes", les intégristes du "bon goût"... Ceux qui s'insurgent lorsque l'on tue un "toro" élevé exclusivement pour un rituel de combat, de courage, de recherche de la pureté essentielle, mais se taisent lorsque l'on bombarde l'Irak, ou l’Afghanistan, sont peu crédibles dans leur croisade compassionnelle.
La tauromachie fait partie du patrimoine culturel des peuples du Sud de la France, de l'Espagne, de l'Amérique latine. Elle présente certes des aspects violents, mais sur le fond, est bien moins cruelle que ces indices boursiers (CAC 40, et autres) qui révèlent l'immensité de profits réalisés violemment par quelques-uns, sur le sang et la sueur des hommes. Alors, je vous en prie, chaque chose à sa place! Et l'humain d'abord.
Vous tombez, monsieur Demorand, dans le panneau de tous ceux qui voudraient nous contraindre à ne pas voir la mort en face, à vivre dans une société aseptisée, dans une mécanique à uniformiser, à niveler, à lobotomiser, mais qui n'hésitent pas à créer des climats anxiogènes, en montant en épingle des faits divers plus sanglants que la corrida; et parfois, souvent, à traiter les hommes, les femmes, les chômeurs, les immigrés, les précaires, moins bien que les animaux.
Vous venez, monsieur Demorand, en cédant la mode du "penser comme il faut", de mutiler la culture, en coupant les mains d'un journaliste écrivain qui, à partir de la tauromachie, a atteint les sommets de l'écriture. Jacques Durand, avec modestie et élégance, a su tirer du monde des "toros" la quintessence littéraire et philosophique de l'homme, d'une plume aussi scintillante qu'un habit de lumière  un jour de "faena grande". Vous ne sortirez pas par la "puerta grande", monsieur Demorand. A triompher facile, on n'en tire que peu de gloire...
Nous serons nombreux à ne plus acheter Libération, le jour des chroniques de Jacques.

Jean Ortiz, Maître de Conférences à l'université de Pau.