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09/04/2017

La macronite aigüe, une maladie mortelle pour le progrès social, les services publics (8 mars 2017)

La macronite aigüe, une maladie mortelle pour le progrès social, les services publics

 

Ils ont tous la macronite aigüe, les sens tristes, les anciens cocos, passés sur le trottoir d’en face. Hue, hue, Robert Hue ! Lui qui n’a pas réussi à liquider le parti communiste, il donne un spectacle pathétique. Les « barons socialistes » qui trouvent ce brave, digne et honnête Hamon trop « gauchiste » lui sabotent la campagne, alors que Hamon est tout simplement un social-démocrate. Le PS n’a décidément plus rien de socialiste... à quoi bon s’accrocher à des chimères ? Bartolone, Delanoë, des ministres et non des moindres, Hollande qui tire les ficelles, s’arc-boutent (écrivez-le comme vous le voudrez). « Tout sauf la gauche-gauche », le capitalisme est « l’avenir de l’humanité ». Ils avancent comme les crabes, de travers et à reculons.

 

Macron, il est partout, et ici, et ailleurs. Il est antisystème comme moi le roi des paradis fiscaux. Il n’est pas dans les partis, il est hors parti, au-dessus des partis, mais son parti-pris, derrière le costume lisse, n’a rien de neutre ni de gauche. Il nage, comme dirait Marx, « dans les eaux glacées du calcul égoïste ». Macron, on voudrait nous faire croire que c’est une auberge espagnole sympathique... alors que ce n’est rien de moins que la continuité de mise en cage par le marché. Macron, Macron, Ma com’. Ils se rallient tous à la politique sans rupture de ce personnage (que l’on nous pardonne), mais qui doit encore travailler sa stature pour ressembler éventuellement à un président de la République française. De plus, il n’est pas du peuple. Il n’est pas des nôtres. Par conséquent, comment nous représenterait-il ? Ses bonnes manières, empruntées, puent le fric, le cynisme à peine rentré. Il a la condescendance de ceux qui pensent gagner à tout coup, parce qu’ils ont la finance avec eux.

 

Enarque, coopté par d’autres énarques, Macron se fout bien du peuple. Il est passé de la banque d’affaires aux affaires du pouvoir. Lui aussi, il a suffisamment de casseroles au cul pour devenir quincailler. Qui finance ses frais de campagne « en marche » vers une politique spectacle de plus en plus mégalo-libérale ?

 

Ministre de l’économie en 2016, il a fait organiser à Las Vegas, par « Business France » et le groupe Havas, une soirée où il se fit acclamer par 500 personnalités de la finance et des dirigeants de start-up. Cette grande messe officiellement de « l’Innovation technologique », nous aurait coûté la bagatelle de 381 759 euros. Pour « séduire » quelques friqués. Malgré sa mise en scène, le programme de Macron n’est que le prolongement de celui de Hollande et du Fillon allégé.

 

Il dit qu’il était proche de sa grand-mère, jadis principale de collège, et qu’il a appris par elle le service public. Comme nous ne doutons pas de la fidélité de la grand-mère, il a dû rater quelques leçons... Son conseiller santé a démissionné. Les affaires, toujours les affaires. Il avait réalisé plus de 60 prestations payées par le laboratoire Servier.

 

Le programme de Macron est celui de la continuité austéritaire, des saignées pour les mêmes, toujours les mêmes. 60 milliards d’économie en 5 ans sur le dos du peuple. De nouvelles amputations des budgets sociaux. La baisse des prestations et pensions sociales. Ce Macron-là est un montage des classes dominantes, une immense duperie. Accepterons-nous d’être les dindons d’une farce aussi peu ragoutante ?

MMB : Macron-Macri-Bayrou (22 février 2017)

MMB : Macron-Macri-Bayrou

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Macron n’est pas la déclinaison latine de Macri, l’argenté président argentin. Les deux sont, ceux pendant, belles gueules, sympas, anciens de la haute finance, des juteuses affaires mais mon dieu, cela est plutôt rassurant. Ils n’auront pas la tentation de piquer dans les « qu’est-ce », dans l’argent public, d’embaucher femmes, amantes, voisines, fils, fille...

Les deux, jeunes carnes de la vieille recette ultralibérale, ont remisé leurs fringues habituelles, pour « faire peuple », et se présentent comme des « hommes nouveaux ». Ils disent au peuple « ce qu’il veut entendre ». Belle éthique politique ! Et les médias les gonflent comme des baudruches. Ils sont de purs produits marketing au service du capital. Mais c’est ainsi l’on amène les pauvres à voter pour les riches. Terrifiant. Sordide. Tragique. Pendant la campagne électorale, ils ont la morgue rentrée, le mépris en sourdine, le sourire de commande ; ils aiment tout le monde, fellahs et compagnons de Bigeard, spécialistes de corvées de bois et Yveton, notre camarade... Entre les peuples et leurs bourreaux, ils s’écrient : « je vous ai compris... ». N’est pas Grand Charles qui veut.

Macron, l’homme de Rothschild, devra s’expliquer sur le financement de sa campagne. Macri, lui, l’homme des « fonds vautours », impliqué dans les dissimulations d’argent au fin fond des paradis fiscaux, aime les enfants au point de leur donner un verre de lait par jour dans les écoles. L’un comme l’autre sont des marionnettes libérales, des bulles vides de vrai sens, mais iridescentes, séduisantes, trompeuses, pour nourrir et faire perdurer le système.

Et voici que François Bayrou monte sur cet attelage macromiconesque. Reconnaissons qu’il est plus « fût-fût » politiquement que Macreuse, moins creux, et sans doute moins ri pou que Fils de Lyon et que le jeune étalon qu’il a choisi. Chacun sait que la bulle Macron explosera en vol. Maintenant, il y a la bulle Macron-Bayrou : tout faire pour empêcher la gauche d’être au second tour. Si vous voyez passer une étrange montgolfière, libérale, laissez-la dériver un peu plus, vers la droite. Macron-Macri-Bayrou. Trois pour un. Le centre, étymologiquement, est « le lieu de nulle part ». Donc à droite. Le centre n’est que la feuille de vigne écornée de la droite, et pas autre chose. Heureusement qu’à Pau, il nous reste toujours le Jurançon !

HAMON EN AVAL : un frondeur qui a perdu sa fronde. (19 février 2017)

HAMON EN AVAL : un frondeur qui a perdu sa fronde.

 

Il suffit de lire, d’écouter, d’examiner son staff. Le sympathique Benoit Hamon cherche d’abord à sauver le parti socialiste. Il s’est recentré, après négociations avec la direction du PS. J’ai de nombreux amis impliqués dans le mouvement « Un mais pas trois ». L’aspiration unitaire, en bas, est forte. Oui, à l’unité ! Oui au rassemblement ! Mais non à l’instrumentalisation en sous-main !

 

Je ne crois pas que le PS soit radicalement différent de ce qu’il était en 1936, ou à la Libération. Le peuple lui a alors imposé un cap à gauche. Le rassemblement doit donc s’accompagner d’un rapport de forces afin d’imposer au « candidat du PS » Benoit Hamon, une rupture claire avec le social libéralisme, avec les traités européens, avec le bilan du quinquennat.

 

Le problème de la tête de liste ne saurait être séparé des enjeux de classe, du contenu du projet, de la construction d’une alternative de rupture. La faillite du PS, sanctionné par les électeurs de gauche : retrait de François Hollande, la défaite de Valls, ne peut pas sortir par la porte pour mieux rentrer par la fenêtre... On ne peut pas dire, « tournons la page, oublions, faisons table rase ; on prend les mêmes, ou leurs clones, et on recommence ». C’est pourtant ce que proposent implicitement des OGM de la politique, des partisans d’une candidature Hamon, parce qu’elle serait « plus efficace , plus rassembleuse » face aux nazillons. Pour cela, on bâillonne médiatiquement les communistes, on tire à boulets rouges sur Mélenchon, qui « injurie », « agresse », « divise »... Son charisme (pour être chef d’Etat, il faut en avoir), le dynamisme de la campagne de « la France insoumise », dérangent.

 

L’argument du « vote utile » contre le FN n’est aujourd’hui plus recevable. Il est plus qu’éculé : cela fait 20 ans qu’on nous le sert. C’est la politique du PS qui fait monter le Front National. Il faut donc rompre tout lien, toute aliénation avec le parti naufragé des naufrageurs, des fossoyeurs, et faire du neuf social. Lorsque nous examinons l’équipe de campagne de Benoit Hamon, on y trouve, par exemple, Sandra Laugier, à la tête du « laboratoire d’idées ». Nous l’avons vue à l’œuvre envers l’enseignement supérieur et la recherche. Elle a contribué à la mise en place de la LRU, de l’autonomie, de la marchandisation, de l’austérité, de l’évaluation, du classement... Alors, non merci ! D’autres collaborateurs sont des hollandistes notoires, ou des vallsistes qui ont choisi de rester au PS pour « récupérer la maison » après les élections. Cambadélis règne encore sur l’appareil.

 

Je me souviens également que lorsque Benoit Hamon était ministre de l’Education Nationale, il n’a pas brillé par ses relations avec la FSU. Il n’a repris aucune de nos propositions syndicales. Alors, oui au rassemblement ! Mais sans amnésie ni arrière-pensées.